Ce blog va finir par être entièrement composé d'articles sans rapport avec moi, alors que je suis tout de même l'attraction principale. Oui, moi. Moi, moi, et rien que MOI !
Parlons de Weird Al Yankovic.
Alfred Matthew "Weird Al" Yankovic (Al "le Bizarre" Yankovic) est né le 23 Octobre 1959 à Lynwood, Californie. Mais ça, tout le monde s'en fout.
La première fois que j'ai entendu parler de lui, c'était dans un reportage de la défunte émission + Vite que la Musique, sur M6 (ça date, mes enfants). Vu le patronyme du gaillard, il va de soit que son nom m'est sorti de la tête ! Mais plusieurs années plus tard, j'ai retrouvé sa trace sur la Toile, d'où sa présence ici, afin que je vous le présente...
Quoique. Peut-on considérer que Weird Al doit être présenté ? De ce côté-ci de l'Atlantique, je pense que oui.
La France a Michaël Youn et s'en contente, les USA ont Weird Al Yankovic et le gardent pour eux.
Qui a dit que les américains étaient des imbéciles ?
En Amérique, cet acteur/auteur/compositeur/interprète/accordéoniste est aussi connu que les artistes qu'il parodie. Il a atteint un rang d'humoriste culte indétrônable, jamais mis en vedette, mais toujours présent dans le paysage audiovisuel. Un pastiche de Weird Al, c'est une tradition, ma bonne dame, comme Thanksgiving ou le Super Bowl : ca n'a rien d'innovant, mais tout le monde en redemande...
La parodie en chanson est un genre à risque, où l'on tombe vite dans le scabreux. Yankovic, non.
Celui-ci oeuvre dans un univers particulier, teinté de pop-culture, de nourriture, de films, de télévision, de dessins animés, et d'accordéon.
Ce n'est pas toujours très fin, mais il n'y a jamais rien de salace. Ca peut paraître débile et puéril, mais c'est le personnage qui veut ça. Car Weird Al est un grand enfant, revendiquant toutes les chansons de tous ses albums, et préférant laisser les sujets sérieux au reste de l'industrie du disque. Vous ne l'entendrez jamais lancer un "fuck" ou un "shit" (à c'qui paraît, y'a un "bastard" qui traîne dans un des morceaux), vous ne le verrez jamais s'en prendre au système économique américain, ou critiquer la politique internationale de la Maison-Blanche... C'est ce qui fait son charme : un peu de naïveté dans un monde de brute.
Véritable musicien, il nous offre son professionalisme (et tout un groupe de musicos), là où d'autres se contentent de sons de synthé et de bidouillages sous Windows 95. On pourrait reprocher à sa voix nasillarde de ne pas toujours coller avec l'ambiance des morceaux, mais Yankovic n'est pas un imitateur, il ne fait que s'approprier les chansons. Quand bien même, ce décalage peut apporter un petit plus (genre "ouais, j'le fais exprès d'pas pouvoir chanter cette note"). Weird Al applique à la musique l'esprit des ZAZ (tiens, au fait...), sans pour autant nous arnaquer sur la qualité sonore et sur le travail en amont. Si l'on n'est pas copain-copain avec l'anglais, on peut parfaitement écouter ça comme de la bonne pop vitaminée.
C'est un pro, quoi ! Pas un geek bossant dans son coin avec un succès limité dans le temps.
Voilou. Les présentations étant faites, rentrons dans le vif du sujet...
Les parodies de Yankovic prennent différentes formes :
- Les parodies fidèles (gné ?), où il reprend une chanson en particulier. Citons de manière non-exhaustive : "Eat It" (reprise de "Beat It"), "Like a Surgeon" (reprise de "Like a Virgin"), "Amish Paradise" (reprise de "Gangsta's Paradise"), "eBay" (reprise de "I Want it That Way"), "Headline News" (reprise de "Mmm Mmm Mmm Mmm"), "Money For Nothing/Beverly Hillbillies" (reprise de "Money for Nothing"), ou encore le culte "Smells Like Nirvana" (reprise de "Smells Like Teen Spirit")...
- Les soundalike, "dans le style de...". Par exemple : "I'll Sue Ya" (dans le style de Rage Against The Machine), "Germs" (dans le style de Nine Inch Nails), ou bien "Bob" (dans le style de Bob Dylan)...
- Les polkas. J'déconne pas, c'est vrai. Ca doit venir de l'accordéon. Cela va de la reprise speedée ("Bohemian Polka"), au super-medley, comme "Polka Power !" ou "Polkarama !"...
Tout ça peut vous sembler cheap, mais il y a un véritable travail derrière tout ce tintoin.
En 1999, Weird Al sort "The Saga Begins", une parodie de "American Pie", où est relaté tout le scénar' de Star Wars - Episode I : The Phantom Menace... Avant même la sortie du film ! Il s'était inspiré de toutes les rumeurs du Net, les recoupant et les confirmant le plus possible, allant jusqu'à taxer 500 $ pour une photo prise en louz-dé pendant le tournage ! George Lucas s'est montré très impressionné...
Et j'vous parle pas du clip de "White & Nerdy", rempli de références à la culture nerd...
La notoriété de Yankovic lui permet quelques excentricités qu'on ne lui reprochera pas, comme la chanson "Don't Download This Song", avec un clip réalisé par Bill Plympton, mise en ligne et téléchargeable gratuitement (what a gag !).
Bon, pour être honnête, les chansons et les clips sont les seules choses que je connaisse vraiment de ce grand artiste frisé. Son film, UHF, m'est inconnu, ormis quelques extraits visionnés à la va-vite, et je ne me suis pas plongé dans ses émissions ponctuelles sur MTV, Al TV (du moins, pas encore). Je sais cependant qu'il existe des nombreuses interviews, qui, pour le coup, m'ont l'air pas mal...
Vous l'aurez donc compris, j'aime le travail que fait ce type. Et les professionnels aussi. Naturellement, les Grammy Awards et autres récompenses obtenus sont dans la catégorie "Humour", mais Yankovic a tout de même une belle petite collec' de disques d'or et/ou de platine à travers l'anglophonie, et ça, c'est pas rien !
C'est tout de même tristoune que la barrière de la langue empêche sa renommée d'atteindre l'Hexagone autrement que par le biais de YouTube ou d'article de blog pourri. Je me doute qu'il y a en réalité des tas de connaisseurs sur le Net, prêt à me prouver que les frenchies ne sont pas des incultes. Il n'empêche que Weird Al Yankovic m'a l'air franchement sous-représenté (sous-estimé ?) chez les francophones. Honte à vous. Bouh.
Ca doit être ça, l'exception culturelle française : se regarder le nombril, et s'en satisfaire, sans chercher à aller voir ailleurs.
Et ouais, ça balance. Et tant pis pour les conséquences.
Allez. On va pas partir fâché. Tenez, le clip de "Close but no Cigar", ça vous remontera le moral.

StateAlchemist
mar 25 nov 2008 11:55